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Sécurité routière : le Québec stagne, le Nord-du-Québec améliore son bilan

Hind Dekkar
Route-1005
Publié le 17 juin 2026 par Hind DekkarRoute-1005 à la Baie-James / Photo : Hind Dekkar


Le bilan routier 2025, dévoilé par la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ), brosse un tableau contrasté de la sécurité sur les routes de la province. Si certains chiffres sont encourageants, d’autres nous rappellent à quel point le réseau routier reste vulnérable, surtout dans des régions éloignées comme la Baie-James.

Un portrait provincial en demi-teinte

À l’échelle du Québec, 371 personnes ont perdu la vie sur les routes en 2025. C’est une légère baisse par rapport aux 379 décès de l’année précédente. Le nombre de blessés graves reste stable, avec 1 282 cas, mais les blessures légères grimpent de 6 %, touchant 28 365 personnes.

Le taux de mortalité routière s’établit à 4,1 décès pour 100 000 habitants, « on visait le 4, mais on est à 4,1. C’est mieux que l’an dernier, où on était à 4,2, et bien en dessous des 4,6 observés il y a quelques années », explique Geneviève Côté, porte-parole de la SAAQ.

Certains groupes d’usagers restent particulièrement exposés. Les décès augmentent chez les jeunes de 15 à 24 ans et chez les 75 ans et plus. Chez les piétons, les chiffres sont stables, tandis que les cyclistes voient une baisse notable de 7,7 % des décès. En revanche, les motocyclistes sont plus durement touchés avec 14 morts de plus qu’en 2024.

Nord-du-Québec : des progrès encourageants, mais des défis qui persistent

Dans le Nord-du-Québec, la tendance générale est plutôt positive. Les décès routiers chutent de 42 %, avec trois victimes en 2025. Les blessures graves reculent de 73 %. Par contre, les blessures légères augmentent de 12 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années, touchant 106 personnes.

La région a ses particularités. Le nombre de piétons accidentés double, passant de trois à six. Les motocyclistes sont aussi plus souvent impliqués dans des collisions. Du côté positif, le port de la ceinture de sécurité s’améliore nettement, en effet, la proportion de conducteurs non attachés passe de 37,5 % à 28,6 %.

Les accidents en milieu forestier restent une réalité régionale, mais ce n’est pas le seul contexte. « On voit dans les chiffres que certains accidents surviennent en milieu forestier, mais aussi en milieux ruraux et résidentiels. Ce n’est pas exclusif à la forêt », précise Mme Côté.

Faune et vigilance : un enjeu clé dans la région

Les collisions avec la faune n’ont causé aucun décès ni blessure grave en 2025 dans le Nord-du-Québec. Cependant, cinq accidents ont entraîné des blessures légères, un chiffre plus élevé que les années précédentes. La SAAQ insiste sur l’importance de rester vigilant, surtout sur les longues routes isolées où la fatigue peut ralentir les réflexes.

« C’est une réalité régionale importante, et même si on n’a pas beaucoup de contrôle sur la présence de la faune, on peut agir en restant attentifs et en respectant la signalisation », souligne la porte-parole.

Campagnes de sensibilisation : ne pas relâcher l’effort

La SAAQ continue de multiplier les actions de prévention, notamment avec la campagne Un mort par jour, lancée depuis le début du mois. Une vidéo de 15 secondes met en scène différents usagers de la route pour rappeler à quel point chaque déplacement est fragile. Les opérations policières concertées se poursuivront partout au Québec. Les conseillers régionaux de la SAAQ intensifieront aussi leurs activités de sensibilisation, surtout dans les zones où les comportements à risque restent préoccupants.

L’organisme souligne également le 50ᵉ anniversaire du port obligatoire de la ceinture de sécurité. Une initiative marquante a été lancée sur les réseaux sociaux, dans cette optique, un mannequin hyperréaliste représentant un jeune influenceur ayant admis ne pas toujours s’attacher a été soumis à une collision simulée à 47 km/h : « On voit la réaction de sa mère, et ça nous fait réaliser à quel point un simple geste peut éviter bien des drames », raconte Geneviève Côté.

Malgré certaines améliorations, la SAAQ rappelle que chaque décès est un de trop, « on ne dira jamais que c’est un bon bilan routier, mais on voit qu’il y a encore du travail à faire », affirme Mme Côté.

Entre progrès mesurés, problèmes persistants et réalités régionales très différentes, le bilan 2025 confirme que la sécurité routière reste un défi collectif, surtout dans les vastes étendus du Nord-du-Québec, où les conditions de conduite exigent une vigilance de tous les instants.